Anne et Astrid Mandeville

Publié le par Cindy

Anne et Astrid Mandeville

Il y a un peu plus de 3 ans, j'ai rencontré Astrid Mandeville à PAIMBOEUF, artiste peintre, tout comme sa mère Anne. J'ai souhaité vous faire profiter de cette rencontre atypique et tellement enrichissante....

Rétrospective...

Lorsque le visiteur pénètre dans la maison d’Anne et Astrid Mandeville, il est happé par une ambiance, une intensité historique chargée d’émotion, maître mot du travail d’Anne et Astrid. Astrid, maîtresse des lieux est heureuse de faire découvrir ces personnages historiques en céramique, ici et là François Ier, Anne de Bretagne, les rois mages et bien d’autres côtoyant les Bouquets et autres peintures invitant le visiteur à voyager à travers elles.

L’authentification des bouquets de Corot

C’est dans les années quatre-vingts qu’Anne Mandeville repéra le coup de pinceau de Camille Corot dans les trois peintures murales (des bouquets) au Manoir du Pasquiaud. à CORSEPT. Astrid, sa fille, entreprit de longues démarches afin d’authentifier ces bouquets et de les protéger. Ainsi, Anne et Astrid Mandeville conféraient une valeur patrimoniale à ce lieu qui renouait avec son passé.

Un œuvre pas si « naïve »

Anne Mandeville est née en 1915 à Frossay, elle étudie les Beaux-Arts à Nantes, parallèlement à des études d’infirmière auprès de la Croix-Rouge. Elle passe la guerre à Paris au service du Secours National, cette expérience éprouvante marquera sa sensibilité. Elle revient dans le Pays de Retz en 1947 et s’installe à Paimboeuf pour se ressourcer et y exercera avec son mari la profession de photographe. Dans les années soixante, les critiques qualifieront l’œuvre d’Anne Mandeville de « naïve », ce qu’elle acceptera, non sans quelque réticence. Les caractéristiques de son œuvre (sens du merveilleux et de la poésie du quotidien) se conjuguent avec une extrême virtuosité technique et le refus de toute mièvrerie. (Anne est décédée peu de temps après l'écriture de mon article en 2011)

Un travail à quatre mains

Au début des années quatre-vingts, Anne assistée d’Astrid, abandonne les formats moyens et entreprend une série de panneaux de 2.6mx2.2m consacrées à « La belle aventure de Jehan de Mandeville », un homonyme du XIVème siècle. Les panneaux s’accompagnent de personnages en papier mâché, finement modelés et habillés, l’ensemble est présenté dans une mise en scène impliquant musiques, textes lus et jeux de lumière sur les peintures. Les deux artistes emploient le terme de fresque pour désigner ce dispositif complet. Une quinzaine de fresques verront ainsi le jour.

L’œuvre d’Anne Mandeville fut beaucoup exposée et médiatisée. Anne et Astrid Mandeville n’ont pas cherché à commercialiser leurs œuvres afin comme le dit Astrid « de ne pas s’éparpiller », leur maison est assez atypique et remplie de leurs créations. « Dame peinture est une femme exigeante » tient à préciser Astrid. « La peinture est populaire, comprise par les enfants et universelle ».

Face à tant de créations artistiques, peintures sur toiles, verres, bois, personnages en céramiques, le visiteur se rend compte que le patrimoine d’Anne et Astrid Mandeville est impressionnant, mais une question se pose : que deviendra ce patrimoine par la suite ? Car pour l’instant, nul ne le sait. Il serait dommage qu’un tel patrimoine disparaisse alors qu’il pourrait servir aux jeunes sous un aspect pédagogique, historique mais aussi géographique.

Publié dans Culture

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